#2

Vous vous demandez sans doute comment tout a commencé ? Moi aussi. C’est que… Pour faire simple et court, ce vendredi 12 novembre, celui-là même que j’abhorre de toute mon âme, n’a rien de particulier. C’est un vendredi ordinaire, même pas un vendredi 13, il ne s’y passe rien de notable ou qui sorte de mon habituel train-train du vendredi.

Maximilien, mon fiancé (vous vous souvenez, celui que l’ironie du sort m’empêche pour toujours d’épouser), m’a tirée du lit, même si lui-même était en vacances. J’ai pris une douche pendant que le café coulait et me suis habillée le temps qu’il ait la température parfaite (encore chaud mais plus brûlant). J’ai investi la salle de bains pendant la douche de Max, le temps de me maquiller sommairement. J’ai embrassé Max lorsqu’il est sorti de la douche, et je suis partie en métro. J’ai croisé un SDF à qui je n’ai rien donné, une jeune mère qui tentait de calmer son bébé en pleurs, j’ai répondu à quelques mails en tentant de piquer le siège repéré avant moi par une petite vieille lestée d’un cabas à roulettes.

Au travail, j’ai compulsé deux dossiers avant le déjeuner, fait la queue à la boulangerie tout en répondant à d’autres mails de clients désespérés. L’après-midi, j’ai compulsé trois dossiers supplémentaires, même si je n’ai fini le troisième que parce que j’ai fait poireauter Max devant l’immeuble pendant presque une heure. Nous nous sommes disputés sur mes horaires dans le métro, et nous avons poursuivi cette discussion comme deux adultes raisonnables, en communiquant au restaurant, chacun campé sur ses positions. La sienne : que je travaille trop, et que si c’est une question d’argent, on peut déménager en banlieue. La mienne : j’adore mon travail, et si je passe douze heures par jour au bureau (la pause déjeuner ne compte pas, elle ne dure pas plus de quinze minutes, le temps de faire la queue à la boulangerie de l’autre côté de la rue), c’est parce que je le veux bien.

Nous avons fini par nous accorder en marchant le long de la Seine pour rentrer. Que j’ai le droit de garder mon travail (manquerait plus que ça !), de continuer mes horaires (j’espère bien) mais que ce serait respectueux de ma part de ne pas le faire attendre dans le froid. J’ai promis, évidemment. De toute façon, que je le fasse ou pas, il trouvera toujours un moyen de critiquer mon boulot, mes horaires et JB (ok, je le rejoins pour JB, je suis même la première à baver sur lui, mais vu qu’il ne lui reste que deux ou trois ans avant la retraite…). Arrivés à la maison, nous nous sommes réconciliés sur l’oreiller, je me suis fait une tisane à la menthe, j’ai tressé mes cheveux et je me suis endormie.

Sauf que le lendemain matin, j’étais à nouveau vendredi 12 novembre.

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